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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Delanoë rend des comptes

 

 

Mardi 8 décembre 2009. Surprise ! le gymnase Poliveau qui l’accueille est pourtant d’une taille impressionnante. L’organisation a vu grand en nombre de chaises qui ne se touchent pas. Pour éviter que les citoyens copient sur leurs voisins ? A l’entrée on a droit à une épaisse brochure bourrée des chiffres de l’année sans doute et à une boite destinée à recevoir le courrier adressé au Maire de Paris. J’ai avec moi un dossier concernant Le festival du Film Lycéen de Paris mais je n’ai pas confiance dans la boite en question : je veux le remettre directement.

 

 A 18h10 les places sont occupées aux deux tiers. Bertrand Delanoë n’en est pas à son premier compte-rendu de mandat, pourtant le succès de ses interventions ne faiblit pas. On va comprendre pourquoi.

 

Avant que le maire de Paris ne commence, Alexandre Baetche l’adjoint du Maire d’arrondissement prend la parole. Debout, dans un imperméable court de couleur mastic, empoignant son parapluie par le milieu. Les lunettes sombres qu’il arbore évoquent Jaruzelski. Pas très à l’aise et pas vraiment à sa place. Son intervention est incongrue. Il tient à saluer les personnes présentes « au nom de Jean Tiberi, maire du 5ème et député »dont la bonté ne va pas jusqu’à ouvrir les salons douillets de sa Mairie d’arrondissement. Il adresse donc «  un salut fraternel, amical et chaleureux » à tous ceux des électeurs qui sont venus écouter et interpeller celui que Tiberi doit considérer comme le premier de ses ennemis intimes.

 Delanoë sourit.

Il est debout derrière une table où se trouve Lyne Cohen-Solal, adjointe déléguée aux commerces entre autres, qu’il appelle Lyne tout simplement et qui va diriger le débat.

Deux jeunes filles se relaient pour traduire en langue des signes.

 

Remerciements aux participants qui sont nombreux ce qui prouve qu’au bout de 9 ans on n’est pas dans la routine. Le Maire de Paris vient rendre des comptes. Il aime bien l’expression.

Le style de Delanoë, frontal, sans  vulgarité est toujours aussi efficace. Je ne dois pas être la seule à apprécier. La salle est attentive.

Il évoque la crise (la barbe ! encore la crise !) Mais c’est pour dire que l’équipe municipale se sent obligée d’être encore plus tenace. Il s’agit d’engagements ambitieux en faveur de la cohésion sociale.

Car la crise frappe d’abord la population. D’où les actions qui continuent en faveur du logement social en particulier.

L’actuelle  priorité des investissements : l’Université, la Recherche et l’Emploi. Quelques points :

Pour la 1ère fois depuis 22 ans le taux parisien du chômage est tombé en dessous de la moyenne nationale.

La Mairie aide les Parisiens qui consacrent plus de 30% de leur revenu à leur loyer.

Même chose pour le micro crédit avec le Crédit Municipal. Delanoë tient à souligner que les bénéficiaires, forcément modestes, remboursent « rubis sur l’ongle »  expression idiote en l’occurrence.

Une aide aux PME a été mise en place avec la Région et OSEO En ce qui concerne les marchés que la ville passe avec des PME, 20% sont versés aux entreprises dès la signature du contrat. C’est loin d’être la règle partout.

 

La crise c’est dur aussi pour la ville

du fait du désengagement de l’Etat dans le paiement du RSA, du logement d’urgence, de l’allocation aux Handicapés etc. Paris est bien obligé de faire face. L’Etat doit rembourser et ne le fait pas ! (140 millions pour le seul RSA ex RMI)

 du fait la chute des transactions immobilières, la ville a perdu 300 millions de manque à gagner.

 

La conclusion du Maire de Paris : nécessité de gérer mieux. Il a toujours insisté sur l’image de bon gestionnaire qu’il revendique encore plus.

Sur quoi a-t-on rogné ? D’abord sur les fêtes (-70% en 2009)

Et moi qui demande 500 euros pour le Festival dont je m’occupe, je commence à culpabiliser…

Les taxes foncières ont augmenté à Paris en 2009 de 9% provoquant un tollé à droite « et le pouvoir d’achat des pauvres Parisiens ? » dixit Tiberi.

 Il faut reconnaître que le candidat Delanoë l’avait prévu dans son programme. Avec 9% d’augmentation les taxes foncières restent les plus basses de toute la France. Ayant un appartement à Toulouse je peux témoigner dans ce sens. La moyenne des grandes villes est de 2200 euros à Bordeaux et 1770 à Marseille, quand elle atteint 940 euros à Paris.

Bizarrement, il n’a cité que des municipalités gérées par la droite.         

 

Enfin, Le Maire de Paris dit son projet d’une ville civilisée, solidaire et qui est réellement gérée. Le recours à l’emprunt sert uniquement aux investissements. Il rappelle que l’Etat emprunte aujourd’hui même pour ses dépenses de fonctionnement, dès le milieu de l’année.

 

Pendant la fin de l’exposé deux files de personnes se sont constituées de chaque côté de la salle. D’après mon voisin, les verts sont venus en force. Du coin de l’œil je compare les deux files car j’ai une question embêtante « Pourquoi la Mairie  renoncerait-elle à se porter partie civile contre Chirac ?» C’est en tout cas ce que j’ai lu dans la presse mais comme ça ne concerne pas le 5ème j’attends les questions pour voir si la mienne est casable.

 

Certaines questions sont en effet très particulières au 5ème : menaces contre la Mutualité, les commerçants qui ne respectent pas la réglementation concernant leur emprise sur le trottoir, relogement des intermittents, pourquoi la vidéo surveillance qui coûte cher et aurait montré son  inefficacité à Londres lors des attentats ?, quid de l’ouverture du dimanche ?, Autolib ne parait pas pertinent à celui-ci, Le boulevard Saint Marcel devait voir son aménagement revu, rien n’a été fait, le torchon brûle à l’école de Physique Chimie de Paris et le stade Jean Bouin coûte trop cher à la ville.

Ouf ! Plutôt des questions locales donc. J’ai eu raison de garder mon Chirac pour une autre occasion.

C’est alors qu’une jeune femme s’avance et parle au nom des employés de la Mairie de Paris. Elle est désolée d’être obligée de passer par un compte-rendu de mandat. C’est plutôt surprenant comme démarche. J’espère qu’il existe d’autres endroits de dialogue entre un Maire et les employés de sa Mairie. Bref. Conflit il y a. Le personnel se plaint d’être absent de la jolie brochure distribuée et annonce une grève pour le  jour du prochain Conseil municipal. Monsieur Baetche parait ravi de l’intervention. Nul doute qu’on va en entendre reparler dans un prochain conseil d’arrondissement. Du temps de Monsieur Tiberi à la Mairie de Paris, ça ne se serait pas passé comme ça, d’ailleurs les comptes-rendus de mandat n’existaient pas.

Même dans les conseils d’arrondissement du 5ème, la population n’est jamais invitée à poser une question au Maire d’arrondissement et aucun contre rendu n’est disponible en Mairie.

 

Un autre que Delanoë serait déstabilisé par cette avalanche de questions du genre qui fâchent.  Il ne laisse rien paraître d’un éventuel agacement.. Fluctuat nec mergitur. Il répond point par point.

Je ne reprends que l’essentiel.

Pour la vidéo surveillance, la réponse aux verts est amusante. Delanoë l’avait promise page 45 de son programme électoral. Quand les verts l’ont rejoint au second tour avec leur 6% de voix « ils n’ont pas exigé de supprimer la page 45 » Une boutade qui détend un peu l’assemblée. Enfin, pas toute l’assemblée.

Mais j’attends la suite, moi aussi je m’interroge sur ce virage sécuritaire.

Donc au départ il y avait 320 cameras de surveillance à Paris. A la demande des verts !!! Pour surveiller les voitures qui empruntent les couloirs de bus ! « En ajoutant 1000 cameras on ne tombe pas dans Big Brother » on est loin de Londres et elles ont même servi en cas de bavures policières. Mais il faut des garanties. Le Maire rappelle celles données par la Ligue des droits de l’Homme et la charte d’éthique dont Roland Kessous, haut magistrat,  est responsable. D’ailleurs, au siège même de la Ligue, Delanoé a inauguré des caméras…

Surtout, il affirme qu’il ne voit pas pourquoi on devrait laisser tomber la sécurité des plus pauvres et des employés municipaux.

Quant au coût : les cameras coûtent 5 millions. A rapporter au budget sécurité de la ville qui est de 200 millions.

Personnellement je ne sais plus quoi penser. L’argument de la personne qui a posé la question : que se serait-il passé en 1942  au moment des grandes rafles s’il y avait eu des cameras ? me chiffonne je l’avoue.

 

Quant à la MUTU, chère à tous les parisiens de gauche, la réponse de Delanoë est lapidaire : La Mairie n’a pas les moyens de racheter le complexe et la Santé relève des compétences de l’Etat. Le seul débat encore possible porte sur la définition d’un service minimum d’offre de santé de qualité. Les explications de Monsieur Le Guen, adjoint chargé de la Santé, qui suivent ne sont guère encourageantes : tous les centres de santé sont fragiles économiquement. A Paris, on se bat pour que l’offre globale soit maintenue.

 Je ne peux m’empêcher de penser à la fermeture du centre de l’épée de bois dans le 5ème, bizarrement suivie d’une ouverture dans le 13ème , arrondissement dont Monsieur Le Guen est le Maire.

 

Le Travail du dimanche représente un piège tendu par Sarkozy à la ville de Paris. C’était la seule grande ville qui n’avait pas le droit de déterminer quelles étaient les zones touristiques ouvrant la possibilité de travailler le dimanche.

Cette loi  dite « du Lavandou » du nom de la ville où elle a été promulguée (ce qui ne manque pas de se)l a été corrigée par le Conseil Constitutionalité en août 2009. Ouf ! Aucune raison de faire une exception pour Paris.

Delanoë en profite pour dire qu’il n’est pas pour le travail du dimanche. Il en fait un enjeu de civilisation. Une commission va plancher sur une application raisonnable à Paris. Il faudra prendre en compte tous les facteurs y compris l’accord des salariés.

 

Auto-lib est encore un défi que la Mairie de Paris tente de lancer. Le but est de prouver aux Parisiens qu’il n’est pas nécessaire de  posséder une voiture (ils sont encore 40 % dans ce cas) C’est encore plus dur que Velib’ dont on ne peut pas nier qu’il a révolutionné le quotidien de beaucoup de parisiens.

 

A la prestigieuse école de Physique Chimie de Paris, le torchon brûle entre la direction et des professeurs. Aucun danger de voir Valérie Pécresse s’emparer du dossier ; l’école est à gestion municipale. Jean-Louis Missika va d’ailleurs en tracer l’historique : Après la défaite de 1870 l’école de chimie de Mulhouse se replie sur Paris et demande de l’aide à l’état qui refuse. C’est finalement la ville de Paris qui l’accueille dans le 5ème.

Delanoë précise que le jour où l’Etat y mettra des sous on sablera le champagne.

 

Le fameux aménagement du boulevard Saint Marcel cher à Monsieur Tiberi continue à faire polémique. Le Maire reconnaît, ce n’est pas la première fois, que c’est raté. Il a promis de revoir sa copie et propose 2 solutions : soit on casse tout et on est reparti pour 2 ans de travaux, soit on améliore à partir de l’existant. Il a l’air de préférer cette dernière solution mais rien n’est encore décidé. Ce devrait être réalisé dans le courant de ce second et dernier mandat.

 

Monsieur Delanoe laisse à ses adjoints le soin de terminer la réunion. Juste le temps de trottiner derrière lui pour lui remettre le dossier du festival.

Je continue à penser qu’il faut du cran pour rendre des comptes aux citoyens qui vous ont élu. Alors que ce devrait être la règle en démocratie.

 

 

 

 

 

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