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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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LA CACASSE À CUL NU et autres joyeusetés ardennaises

 

Vous avez toujours voulu savoir ce qui se cache derrière ce terme de cacasse ?

La première fois que j’ai entendu parler de ce plat  c’est à Charleville dans une procession de gens habillés de robes bariolées, lesquels portaient une grosse marmite en fonte noire. Le genre de défilés qui sent la Belgique et le Nord.

 

La cacasse à cul nu est un plat typique et symbolique de la cuisine ardennaise, une spécialité qui n’a jamais franchi les limites du département. 

 

« À cul nu » indique l’absence de viande. Ça tombe bien, J’ai toujours eu une faiblesse pour les plats de pauvres.  Ce dimanche d’octobre en sortant de la maison d’Arthur Rimbaud je tombe sur un petit resto qui propose ce plat mystérieux. Par chance le patron (petite barbiche avec plus de sel que de poivre) est sur le pas de sa porte, je m’approche pour en savoir un peu plus.

 

Le chef dit que c’est une recette tenue secrète « Vous n’en mangerez nulle part ailleurs », que beaucoup font n’importe quoi comme mettre des choux (sous entendu : quelle horreur)  Bref ! J’obtiens juste 2 infos : il y a des pommes de terre et ce n’est pas un plat végétarien.  Malgré moi, les arguments m’évoquent ma dernière pizza, vantée comme étant la meilleure de Marseille par la serveuse du resto. En fait qui s’était révélée être la pire pizza que j’ai eu l’occasion de manger.

 

Mais la curiosité est la plus forte, Je finis pas entrer dans ce petit resto peint en jaune. Les chansons françaises des années cinquante sont au menu auditif, elles vont accompagner mon repas sans discontinuer « tire, tire, tire l’aiguille ma fille ». Je prends place devant un menu traditionnel et une serviette en tissu, dégoulinant dans un verre, faute de repassage. "Tant que y'aura du linge à laver des hommes on pourra se passer" disaient déjà les lavandières du Portugal. Histoire d’être raccord avec la région, je goûte une bière blanche artisanale, que je trouve vraiment très amère.

 

 Bon ! arrive la cacasse en question qui n’est qu’un ragoût de patates sans vraiment de goût. Effectivement il y a des pommes de terre, il n’y a même que ça. Elle est servie avec deux saucisses tellement salées que je ne peux me résoudre à les manger. On en viendrait à regretter le chou. Il s’agit donc d’une cacasse à cul nu mais culottée (il y a de la viande). Faut suivre! Je passe sur la prétendue baguette molle et blanchâtre sur laquelle je ne peux me rabattre. « C’est mon homme... Il me donne des coups, y’m prend mes sous » Je regarde les 2 seuls client du bistro, des étudiants affamés (pléonasme) que les chansons anciennes rendent hilares. Je les envie.

 

 À ce stade, je crains l’arrivée du dessert. Le patron me l’apporte lui-même. Une espèce de pudding gris pâle flottant sur une crème que même les Anglais renieraient. Sans goût ni gousse. En plus j’ai droit à la recette dudit gâteau de Mézières (son nom officiel), je ne l’avais pas réclamée. « Si tu reviens danser chez Temporel, un jour ou l’autre » Ce qui est certain, c’est que je ne reviendrai pas et que je vais me jeter sur le premier gâteau mollet que je trouve (un authentique régal qui accompagne les repas du dimanche en Ardennes) Ça tombe bien, on est dimanche.

 

Je fais aussi une incursion à Mézières, il suffit de passer le pont sur la Meuse, véritable trait d’union entre les deux villes.Dans un petit square devant un HLM des plus standards, une statue surprend, de couleur vert-de-gris. Il s’agit d’un hommage à Albert 1er, roi des Belges. Mézières a voulu souligner le rôle héroïque du jeune roi en 1914, d’où son surnom de « roi-soldat » La statue a souffert en 1944 lorsque les Allemands ont fait sauter le pont sur la Meuse. Détail curieux, Albert 1er meurt en 1934 en faisant de l’alpinisme du côté de Namur. Prouvant ainsi qu’il existe des montagnes en Belgique. En tout cas, la situation excentrée de cette statue ne me parait pas favoriser les candidats belges aux pèlerinages.Cette histoire me rappelle qu'à Paris, c’est un casse-tête de recevoir une statue offerte par un pays étranger car le donateur tient à une place prestigieuse, faute de quoi il considère que sa nation toute entière est offensée...

 

Je quitte Charleville-Mézières en me demandant comment diantre on appelle les habitants. La réponse c’est Carolomacériens. Ceux de Charleville sont les Carolopolitains et ceux de Mézières les Macériens. Tous remarquablement sympathiques et accueillants.

 

 

 

 

 

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