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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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COLO or not COLO?

Au début du film de Bruno Podalydes « bancs publics » on voit 2 messieurs d’un certain âge évoquer la Coloscopie comme un passage obligé.

Ça m’a donné envie d’essayer.

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J’avoue qu’une fois revêtue d’une simili robe en papier recyclé, essayant d’une main de recouvrir mes fesses tout en portant l’ensemble de mes habits de l’autre main, je commençai à regretter. Je note que les messieurs ont droit à un pantalon dans la même matière, ce qui leur conserverait un peu plus de dignité s’ils n’avaient pas une charlotte en papier blanc sur la tête et à chaque pied.

La scène se passe dans la clinique Geoffroy Saint-Hilaire au début du 21ème siècle dans le 5ème arrondissement de Paris à 15h.

Pour la petite histoire c’est l’endroit même où les sieurs Chirac et Tiberi ont vu le jour. Je doute que le décor ait beaucoup changé depuis ces heures historiques.

Mais revenons à la suite de mes aventures.

C'est extraordinaire de devenir instantanément une chose dès l’instant où on est allongé sur le point d’être opéré. Les infirmières trouvent cela naturel de déposer toutes sortes d’objets  sur mon ventre.

Comme je sens que ce n’est pas le moment de la ramener, je me tais. Je suis à leur disposition. On me colle quantité de trucs sur la peau après avoir sauvagement arraché le haut de ma tunique. je suis ravalée au rang de plateau ou de lettre à la poste.


Quelle idée de faire une coloscopie !

Une infirmière anesthésiste s’empare de moi. Elle m’annonce son titre et commence à tapoter ma main droite, avant de piquer sauvagement.

« aie » je dis dans mon masque à oxygène

« ça marche pas » dit la dame 

« vous me faites mal » je crois utile de préciser.

Ma plainte n’arrive pas aux oreilles du médecin anesthésiste, d’ailleurs absent, ce qui me parait contraire à toutes les règles.

Elle recommence à tapoter sur tous mes bras restants.

Le commentaire : « ça manque de veine »

Alors là ! la panique, chez moi gagne du terrain, déjà que je n’étais pas tranquille, tranquille.

« détendez-vous, respirez doucement » qu’elle me dit

J’ai envie de lui conseiller de faire de même, comme je n’ai pas le choix, j’essaye d’avoir l’air détendue, histoire que l’opération « forage » prenne fin rapidement. Pas facile quand on a un masque sur le nez.

Mon infirmière jette enfin son dévolu sur un endroit précis près de mon coude interne gauche.

Je note mentalement pour une expérience ultérieure. Pourquoi ne pas me faire tatouer une croix genre « carte au trésor » à cet endroit particulier?

Le chirurgien entre alors en scène, je suppose du moins que c’est lui, déguisé en spermatozoide revu par Woody Allen.

Il me dit « faites de beaux rêves »

Je réponds finement « je ne dors pas encore » juste avant que le noir ne se fasse enfin.

Hélas, pas pour très longtemps car je me réveille en pleine opération ! Je le signale aussitot  à l’assemblée et j’entends « si vous voulez, vous pouvez regarder l’écran » Je ne suis pas en situation d’argumenter mais j’insiste dans un grognement pour être réendormie d’urgence.

Si je pouvais développer je dirais 1- que je suis miro 2- que la vision interne de mes tuyaux ne constitue pas mon programme video préféré.

Une fois sortie de cette antichambre de l’enfer, j’ai droit à 2 biscuits microscopiques avec un chocolat chaud extrait spécialement d’une machine automatique. Le tout sur un plateau branlant calé par quelques ustensiles en carton, je crois qu’on appelle ça des haricots.

Comme je suis à jeun de la veille, qu’il est 17 heures, je dévore ce qu’on me donne et ose réclamer du surplus.

Une fois habillée, j’attends avec curiosité de voir le chirurgien. Il se passe une heure car le saint-homme travaille à la chaîne. En gros, il me dit que tout va bien et que cette opération de vidange-graissage n’a pas besoin d’être renouvelée avant 5 ans. Plus extraordinaire il m’indique que le réveil en cours d’opération est très fréquent et apprécié de ses clients. Si mes bras étaient moins douloureux je demanderais que l’on me pince car je ne crois pas une seconde à ce discours.

« Dans ce cas, ne devriez-vous pas vous enquérir au préalable auprès de vos patients de leur volonté ? » dis-je, en reprenant ma voix sucrée de juriste à qui on ne la fait pas.

Il me donne une photo rose de mes tuyaux qu’il ne va pas jusqu’à me dédicacer mais c’est tout juste, tellement il a l’air satisfait de son travail.

Je m’enfuis enfin.

 

Je vous ai épargné les préliminaires : une potion infecte dont vous devez ingurgiter 2 litres si vous êtes assez riche. Si vous n’avez pas les moyens vous avez droit à 4 litres (les 4 litres sont remboursés, pas les 2 litres)

Ce n’est pas exactement du destop mais ça doit s’en rapprocher. En aucun cas on ne saurait en faire son cocktail favori.

 

Les messieurs de « bancs publics » auraient du me donner plus de détails, j’aurais commencé par me renseigner sur le vécu de cette opération banale et ne pas choisir la clinique la plus proche. Je sais ce que vous vous dîtes « no plain, no complain » mais mes lecteurs ont droit à la vérité. J'oubliais le prix de l'intervention. Car le chirurgien m'a fait un prix! il suffit de dire Mutuelle de l'Education Nationale pour avoir un rabais. Pas un vrai prix d'ami toutefois. Cela m'a coùté 120 euros + 50 pour le médecin anesthésiste absent. Une affaire!

 Décidemment je crois que je n’aurais pas fait long feu sous la torture.

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