articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.
Encore une fois Xavière Tiberi en fait trop. « Ce procès restera dans les annales de la Justice » dit-elle. Il faut la voir déambuler de long en large dans le prétoire de la Cour d’Appel de Paris, le verbe haut, en faisant de grands gestes. Pour elle, ce procès est une infamie.
On a bien essayé de lui montrer le micro et d’en expliquer l’usage. Elle n’en a cure. Personne ne dicte sa conduite à l’épouse de l’ex Maire de Paris. Par instants elle se campe devant le Président les jambes écartées, les mains dans le dos et la veste repoussée bas sur les épaules, comme si elle
voulait être entravée. Apparemment cela ne marche pas.
Pendant cette scène de théâtre de boulevard, Jean Tiberi regarde ses chaussettes. 3 heures d’interrogatoire au compteur qui viennent s’ajouter aux 55 ans de vie commune.
Certaines déclarations citées par des témoins me reviennent en mémoire, celle en particulier de Jean disant à Xavière :
- Arrête, tu vas nous faire tous pendre.
La scène dans la première chambre de la Cour d’appel est incroyable. Elle donne raison à Giulio Andretti qui disait que le pouvoir use… ceux qui ne l’ont pas.
Xavière Tiberi, à 76 ans, est en pleine forme.
Le Président de la Cour d’appel ne peut même pas terminer ses questions, elle embraye sur son texte qu’elle récite en boucle. Elle se décrit comme fille de commerçant d’où elle déduit qu’elle a un bon contact avec les gens. Je ne reprendrai pas ici ses arguments qui réfute tous les témoignages comme étant l’œuvre de menteurs, malfaisants tous payés par Delanoé. Elle est irréprochable et défit QUICONQUE de trouver une seule personne qui l’accuse. Elle multiplie les anecdotes qui font rire « j’ai entendu tellement de mensonges au tribunal que j’ai enlevé les filtres de 2 cigarettes pour les mettre dans mes oreilles. » ; « Je vous signale que je ne suis pour rien dans l’affaire Merah ».
Ce qui est vraiment nouveau c’est les témoignages qu’elle a apportés dans sa besace.
Quels témoignages ?
le mot réveille le groupe des avocats de la partie civile. Personne n’en a eu communication.
Le problème : c’est sur ces témoignages que Xavière fait reposer sa pseudo-défense. Elle les cite à tours de bras.
Dans tout procès normal les pièces sont communiquées à la partie adverse avant le procès. Là, rien. Une preuve de plus que ce procès ne respecte rien. On rappelle que jean Tiberi est un ancien magistrat.
D’ailleurs Xavière dira dans son flot d’invectives que :
– C’est volontaire pour éviter les tentatives de représailles.
sur ceux qu’elle appelle ses témoins.
C’est une constante chez elle de prêter à ses ennemis ses propres méthodes et manœuvres.
A l’issue du procès de 2009 où son mari et elle ont été condamnés, Xavière Tiberi n’est pas resté inactive. Elle a pris son bâton de pèlerin et a visité tous ceux qui avaient osé témoigner contre elle et son mari.
On imagine très bien la terreur et les tractations.
Le sordide ne lui fait pas peur : elle n’hésite pas à faire courir des bruits sur tous ses ennemis. On a vu le traitement infligé à Anne-Marie Affret avec qui elle était comme cul et chemise. Son adjointe est passée de bras droit à sale traitre, d’amie intime à fille d’immigrés tirée du ruisseau. Alors les autres, vous comprenez, elle y va à la kalachnikov contre tous ceux qui ne se sont pas rétractés.
Elle dit avoir obtenu même du gardien de la Mairie qu’il déclare ne pas l’avoir vue le fameux soir où tous les prévenus s’étaient retrouvés nuitamment pour transporter des cartes d’électeurs avant la perquisition des gendarmes. Quant à Anne-Marie Affret, c’est pour la protéger qu’elle ne lui parle plus. Délicate attention.
En tout cas il y a l’ancien secrétaire général Raymond Nentien qu’elle ne peut retourner. Elle essaye juste de détruire sa réputation : il y aurait eu un incident dans son bureau, une secrétaire qui aurait voulu se suicider. Je ne rapporte cet exemple que pour donner une idée du niveau des insinuations. Monsieur Nentien, qui n’a pas fait appel est présent dans la salle. Il doit être interrogé lundi.
L’Avocat Général prend le relai et essaye de savoir quand Xavière Tiberi a appris qu’il y avait des faux électeurs à Paris.
Avocat Général :
– Vous avez déclaré avoir découvert lors du procès qu’il y avait 196 faux électeurs dans le 5ème Quid du canard enchainé ?
Xavière Tiberi :
– Ils parlaient de 20000 faux électeurs c’était n’importe quoi.
Avocat Général :
- Vous avez donc lu la presse. Je constate que votre 1ère réponse est fausse.
Le Président, de son côté, hésite entre amusement et énervement.
A un moment il ne peut s’empêcher de la reprendre quand elle confond Président et Avocat Général
- C’est surprenant de la part d’une femme de magistrat.
La défense de son mari me fait dresser l’oreille :
– penser que Jean ait pu être informé relève de l’infamie. Son surnom dans la famille en dit long sur sa naïveté. On l’appelle SCRUPULE.
C’est trop beau.
Xavière Tiberi dit que son mari est même accusé d’enrichissement personnel pour un héritage qu’elle aurait fait en Corse.
L’Avocat Général semble vouloir mettre fin à la scène d’une voix douce :
–Vous avez cité Montaigne et La Boetie. Pensez-vous vraisemblable que 2 militants politiques qui vivent ensemble 55 ans ne parlent jamais du sujet n°1 pour tout homme politique à savoir les élections ?
Xavière Tiberi ne parle jamais politique à son mari, ils sont opposés à tout point de vue, dans tous les domaines. Elle cloisonne sa vie et se contente de noter des informations qu’elle transmet. D’ailleurs, elle n’a pas de personnalité.
– Vous m’avez beaucoup touché par votre plaidoyer en faveur de votre mari. L’amour ça suscite aussi le manque de discernement.
Conclut sobrement l’Avocat Général.
L’avocate de Lyne Cohen Solal pose alors une question à Xavière Tiberi :
– Vous n’avez reconnu avoir aidé que 3 faux électeurs qui font partie de votre famille. Il s’agit du Docteur Casanova et ses 2 fils. Comment ont-ils pu se voir attribuer tous les trois un logement social ?
Xavière Tiberi :
– Je l’ignore. Tout passe en commission.
L’avocate « Pourtant votre nom est cité comme intervenante dans un fichier Silex »
Xavière Tiberi :
– on m’accuse de silex ? Est-ce que vous avez une lettre écrite…
Maitre Comte, autre avocat des Parties civiles se lève et met fin au théâtre de Xavière.
– Je ne vois pas comment on peut valablement travailler sans avoir les attestations dont fait état Madame Xavière Tiberi.
Ouf ! Quel saint homme. Le Président décide alors de clore la séance, il est plus de 20h et la nuit est tombée depuis longtemps sur Paris. Nous quittons le Palais avec le sentiment d’avoir vécu effectivement un épisode rarissime. Heureusement.