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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Mariage pour tous dans le 5e

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Vous avez déjà essayé de vous marier à la Mairie du 5e arrondissement de Paris ? cela devrait faire partie de la routine d’une mairie, quelque chose comme un service minimum. Il faut croire que même ça dans le 5e , c’est spécial.

Nous nous pointons le jour dit à l’heure dite. Pas vraiment endimanchés. À l’accueil de la mairie, la secrétaire lâche un instant sa lime à ongles. « Vous vous mariez ? » Drôle d’idée semble être le fond de sa pensée. Nous, on opine : on est bien là pour se marier. Comme on est 2 individus de sexe opposé, on n’a même pas besoin d’attendre que la nouvelle loi soit promulguée (on est en avril 2013).

Quand j’ai appris notre décision à Sandra, ma coiffeuse, elle s’est exclamée « comme c’est mignon » , phrase qui a suffi à m’enlever l’envie de propager la nouvelle.

La secrétaire finit par nous proposer de nous asseoir dans un hall glacé genre tombeau étrusque. Seuls. Même pas un témoin ou un de nos enfants.

OK, on n’avait pas claironné notre décision, mais l’impression que personne ne se souciait de cet événement planétaire, quoique tardif, commençait à s’insinuer.

Au bout d’un moment, un peu inquiète, je décidai d’appeler la Mairie. Une info : quand on est dans la mairie, on ne peut pas joindre par téléphone cellulaire la mairie. Le signal ne passe pas.

Un brin énervée, je décidai de sortir sur le perron et réussis ainsi à joindre l’agent  du bureau d’état-civil. C’est ainsi que j’appris que le rendez-vous était fixé au premier étage dans la salle des mariages. Nous nous engageons donc dans l’escalier d’honneur et nous dirigeons vers un bureau dont la porte est ouverte.

 Je me retrouve face  à Anne-Marie Affret.

« Nous nous connaissons, je crois ? »

J’acquiesce dans ce qui doit ressembler à un rictus.

La dernière fois que je l’ai vue, à la Cour d’Appel de Paris, elle s’était excusée publiquement pour quelques faux en écriture. Enfin, pas tous, Anne-Marie Affret demande pardon pour les attestations où son écriture avait été authentifiée par les gendarmes. Des babioles.

La cérémonie est promptement menée et je vois le bedeau se diriger vers notre assemblée clairsemée et nous mettre sous le nez  une corbeille à pain plate en fer-blanc.

Stupeur !

Et puis quoi encore ?

J’empêche mon nouvel époux d’y aller de son obole. Bravo ! Il est déjà disposé à dilapider l’argent du ménage. Quant à moi, ayant appris les turpitudes de l’équipe municipale, je doute que notre argent aille grossir les oeuvres sociales de la Mairie de Paris. Quel toupet ! on se croirait à l’église.

Voyant ma réaction, Madame Affret croit bon de préciser d’un ton sucré que le don est facultatif. S’enquérant ensuite des professions de mes enfants, elle en profite aussitôt pour tenter de placer son neveu dont elle veut encourager la fibre artistique.

Madame Affret enchaîne naturellement pour parler d’elle, son sujet favori, comme je l’avais déjà remarqué. Je résume : elle est née dans le 5è, elle y a marié des quantités de gens et quelle chance pour nous ! elle en est sure, elle porte bonheur.

J’avoue qu’avoir suivi ses péripéties judiciaires ne m’avait pas permis d’apprécier son capital chance. Surtout le jour où elle a dit mezzo voce « je vais finir avec deux balles dans la peau » J’ignorais qu’elle avait offert aux nouveaux mariés des tombereaux de voeux de bonheur alors qu’elle en aurait eu besoin pour elle-même. Une sainte.

Fort heureusement nous n’étions pas assez importants pour être mariés par Jean Tiberi, maire en titre. J’ignore si lui aussi porte bonheur.

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