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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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ECHANGE DE MAISON POUR FLORENCE n°1

Si vous n’êtes pas prêt à tout accepter, un conseil : n’échangez pas votre maison. Il m’arrive d’évoquer brièvement mon appart si douillet situé à proximité d’une multitude de commerces accueillants à Paris. je l’ai abandonné au profit d’un vague loft vieillot où la notion de confort est fortement revue à la baisse. Dans la cuisine pas grand-chose, on se croirait en camping dans une vieille caravane. Pour donner un exemple au fond d’un tiroir 4 cuillères à café en fer blanc. Peut-être comptent-il sur nous pour équiper leur appart dans les 2 mois que dure la location ? Le meilleur gag est l’arrivée. Après 7 minutes d’attente à la gare. C’est long 7 minutes. On a le temps de se demander ce qui pourrait arriver si personne ne venait. Mais le charmant jeune homme qui avait proposé l’échange arrive enfin. Un grand bambin d’une trentaine d’années—Cristian— qui nous pilote jusqu’à un arrêt de bus sans proposer aucune aide pour la valise que je traine avec un air de martyre longuement travaillé.
Arrivés sur place nous faisons la connaissance de Monica qui nous attend dans l’entrée qui sert aussi de salon et de cuisine. C’est sombre. Je crois judicieux de demander si quelque chose est précieux, auquel il nous faudrait attacher une attention particulière. Elle rit, Monica « non il n’y a rien de précieux » C’est effectivement le cas. Cristian qui est acteur de théâtre propose de faire un café en mettant la main sur une petite cafetière, soeur jumelle de celle qui nous sert à Paris. Richard est en Italie, sa moitié ritale ne peut refuser un expresso, il en rêve. J’aurais préféré ne pas mais il ne voit pas mes gros yeux. Cristian tente alors d’allumer la gazinière sans succès « l’allumage électronique ne marche pas toujours » dit-il en italien. Je comprends tout ce qu’il dit, j’ai dû faire des progrès. En fait il a peut-être voulu dire que l’allumage ne marchait jamais. C’est plus conforme à la vérité. Il allume alors avec un briquet et je note mentalement de commencer par acheter des allumettes. Ce n’est que le début d’une longue liste de courses de première nécessité. Au bout de queques minutes, Cristian  enlève la cafetière du feu et la poignée lui reste dans la main, se dissociant du reste. Il dit un truc que je traduis par « ça commence bien » ou « merde alors » Je m’abstiens de tout commentaire et m’efforce de ne rien manifester. En fait on découvrira peu après qu’il avait aussi oublié de mettre de l’eau. je me dis qu’on verra bien quand ils seront partis et commence à prier pour ne pas me trouver nez à nez avec un cafard (ce qui n'arrivera pas) Mais Cristian embraye sur la question chauffage. Chic : il y a un chauffage central. Zut : on doit le baisser au minimum, « la nuit seulement » précise notre gentil hôte. J’avais déjà l’impression d’être au minimum. Monica fait des signes derrière son grand copain « non, il suffit d’avoir 20 degrés » C’est vrai que les plafonds sont hauts, pas loin des 4 mètres. J’en suis quitte pour dormir avec 2 pulls au début. Tout va très vite s’organiser au mieux, sans doute grâce à notre nature d’étudiants attardés.
Mais le principal est là : Nous sommes à Florence dans le genre de quartier que nous recherchions, populaire—avec plein de petites échoppes— et pas trop loin du centre. 15 minutes de marche et nous sommes plantés devant le duomo en pleine démesure architecturale. Il y a quand même quelques touristes, beaucoup d’asiatiques. Apparemment il n’y a pas de basse saison à Florence. On commence par aller au grand marché de San stephano, un vrai paradis pour les amateurs de gastronomie. On peut même prendre des cours de cuisine avec un vrai chef. Des fois que notre méthode pour les pâtes ne soit pas parfaite.
Il y a deux services qui marchent vraiment bien ici : les bus nombreux et rapides, mais aussi le service de collecte des ordures. On trouve partout dans les rues des collecteurs faciles d’accès, avec tri multiple et que l’on actionne au pied comme une poubelle ordinaire. Autre point positif : Fruits et légumes sont bon marché et d’un fraîcheur inconnue dans nos villes.
Le lendemain de notre arrivée c’est la folie à Paris. Nous apprenons la catastrophe grâce aux ordinateurs portables que nous avons eu l’intelligence d’apporter. Quoi ? la télé ? plaisanterie, ça ne marche pas plus que le reste et même pour visionner un des rares DVD qui font de la figuration, c’est un modèle tellement ancien que nous avons préféré faire tout de suite l’impasse sur ce medium. Pour finir avec les lamentations il n'y a ucun moyen d’écouter de la musique ou de faire bouillir de l’eau sans casserole.
Vendredi 9 janvier 2015 18h Je suis installée avec Richard dans le bar d’un palace à Florence à regarder les événements tragiques de Paris presque en direct en italien. Impossible depuis la veille de mettre la main sur un journal français. Nous attendons l’heure d’une manifestation en faveur de Charlie prévue à l’Institut français. La nuit est tombée sur la ville après un coucher de soleil d’hiver inattendu sur l’Arno. Nous sirotons un spritz en grignotant nerveusement des cacahuètes. Un type vient s’asseoir à côté de nous (45 ans ; costume cravate : pas tout à fait le dressing code pour ce genre de manif plutôt orientée étudiants et vieux anars.)
Il me demande en anglais d’où nous venons (j’avais activé le canal TV de la BBC) et me précise qu’il est ambassadeur de Mongolie, venu spécialement pour assister à la manifestation.  J’avoue ma surprise. C’est quoi la Mongolie ? je reconnais être d’une ignorance crasse en géographie et j’hésite à interroger le monsieur sur ce point précis. En général, les ambassadeurs apprécient peu qu’on leur demande si leur pays existe.
Peu de temps après, une centaine de personnes se presse sur la place avec des lumignons (une bougie entourée d’un papier de soie rose, merci aux petites mains locales, business is business comme on dit en florentin ) nous ignorons encore le bilan final et désastreux de la prise d’otages. Nous savons juste, à ce moment-là, que les trois terroristes sont morts, nouvelle plutôt rassurante, vu leur profil.  La façade de l’institut français, un magnifique palais du quatrocento sur une place ouvrant sur l’Arno, est éclairée aux couleurs nationales. « Je suis Charlie » s’inscrit sur le fronton en lettres lumineuses. Nous serons 500 à partir de 19 heures malgré le froid.
Je suis horrifiée de savoir la fin de cette traque dans Paris. Quatre pères de famille venus faire des courses pour le shabbat, abattus de sang froid. Les fous furieux qui ont assassiné des journalistes leur reprochaient leur liberté de pensée. Les juifs, quant à eux, ont le seul tort de pratiquer une autre religion. Je me félicite d’être agnostique et regrette que nous ne soyons pas plus nombreux à adopter ce point de vue.
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S
trop sympa je vais m empressée de lire la suite!!!!
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