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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Le corridor de Vasari, Flo n°2

Je vous propose d’économiser 59 euros en vous racontant La visite du Corridor de Vasari, ce fin du fin —must pour les contaminés­—des visites de Florence. Vous me remercierez plus tard. DSC00382-copie-1.jpg

Allécher le pauvre touriste —en italien on dit pigeon— c’est très facile. Il suffit de lui dire qu’il peut jouir du privilège d’aller là où personne ne va, dans un endroit que le grand duc de Toscane s’était fait construire pour voir sans être vu. Un corridor secret qui surplombe le ponte vecchio. Présenté dans ces termes, le projet ne peut qu’enthousiasmer le pauvre expatrié volontaire car il adore échapper à la masse. 

Attention : c’est un privilège réservé à peu de personnes. En fait les tours opérateurs ont mis la main sur le filon et proposent au compte goutte des visites d’une heure. L’hiver, ces visites n’ont lieu que le week-end et si l’on tient à avoir un guide en français, le samedi seulement. Arrivé à ce stade d’information le touriste lambda transpire. Il y a droit à ce corridor. Un détail : cette faveur a un prix (59€) que l’on pourrait trouver exorbitant pour un e heure de visite si l’on avait gardé son sang froid.

Nous nous retrouvons donc le samedi 17 janvier à midi dans une ruelle qui jouxte le palazzo vecchio, tous frétillants à l’idée de vivre une aventure exceptionnelle. Nous sommes 5 dans le groupe des francophones. En fait pendant une heure nous avons marché dans un couloir plus ou moins étroit, cornaqués par un cerbère, officiel du Musée des Offices habilité à ouvrir les lourdes portes. La guide ne peut s’attarder car les tableaux sont nombreux, principalement des auto-portraits des peintres majeurs du quatrocento à nos jours. On a juste le temps de reconnaitre Ingres, Delacroix, Durer. On découvre le visage de De Chirico, on s’extasie sur la fraîcheur de Vigée-Lebrun. La vue doit être magnifique me direz-vous ? pas spécialement car les fenêtres sont voilées et grillagées, ce qui limite le point de vue. Le cerbère, qui nous la joue francophile, nous ouvre un oeilleton sur une des boutiques de joailliers du ponte vecchio. Bon ! Difficile de faire la photo du siècle. Florence est photogénique de tous les côtés, d’accord, mais on a l’impression de reproduire la énième carte postale. Pas de quoi casser 3 pattes à un canard florentin. La preuve, Richard ne sort même pas son appareil sophistiqué du sac à dos. Je clique mollement sur quelques tableaux, de quoi amortir les frais d’entrée. Je dois quand même saluer la contribution de Herr Hitler à l’ouvrage. Lors de sa visite en 1938, ses amis italiens ont ouvert 3 grandes fenêtres au milieu du corridor. Sans doute pour les remercier, les Allemands ont fait sauter tous les ponts de Florence en 1944, sauf le vecchio, jugé trop étroit pour le passage de troupes alliées.

Pour nous remettre de nos émotions, nous avons déjeuné dans un très bon resto le 4 leoni, où j’ai enfin découvert la finesse de la gastronomie florentine. Merci au « Petit Futé » pour l’adresse. Ne ratez surtout pas les raviolis à la poire avec une sauce au fromage et asperges. Bon comme d’hab on ne sait jamais combien on va payer car ici  les couverts sont comptés en sus. C’est inscrit nulle part ce qui rend la surprise désagréable. La prochaine fois nous apporterons nos propres couverts pour voir la réaction. Au total 53 euros pour 2 plats, 2 desserts , 2 verres de vin rouge et un café. Avec la satisfaction d’avoir bien mangé, entourés d’Italiens sympas.

Dans le prochain épisode je conterai la magnifique soirée à Santa Croce (prononcer crochet pour ne pas avoir l’air trop cruche) et les merveilles du San Marco.

 

 

 

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