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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Tranche de vie

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En décembre 1943 il faisait froid dans la petite église de Seraincourt-Ardennes

Tous les yeux étaient tournés vers le marié -Louis- un étranger venu d’Afrique du Nord, très beau et grand dans son uniforme de soldat évadé d’Allemagne. Il avait réussi à séduire la Renelle, la fille de la Denise. Celle dont on ne savait pas trop qui était son père vu que la Denise s’était mariée et que Renelle, à quatre ans,  lui servait de demoiselle d’honneur. Vous suivez ?

On reprend : Denise aurait dû être fille-mère, la chose avait été escamotée par un mariage précipité avec Rémi, un couvreur, à qui on avait dû donner un petit quelque chose pour sa complaisance. Denise n’aimait pas du tout ce bébé de 18 ans qui lui rappelait qu’elle avait fauté. Avec qui ?l’histoire ne le dit pas.

 

Mais remontons 3 ans en arrière

Arrivent les soldats français, une petite colonne mal rangée, envoyés là juste pour rassurer les populations. On n’est pas loin de la frontière belge ; aucun danger que les Allemands passent par là comme en 14-18. On les attend de pied ferme sur la ligne Maginot. Sauf que le boche est têtu, il aime bien reprendre les sentiers battus. Pourquoi se gêner ? On entre en France par les Ardennes comme dans du beurre.

Denise était dans son champ de patates, elle entend le tocsin « v’la qui remettent ça » elle parlait des boches, question d’habitude. Retour dare-dare à la maison : 2 vaches, 1 cochon, 1 cheval de trait et 10 soldats français qu’on est bien obligés de nourrir à coup de patate.

Renelle aide au service. 16 ans, pas manchote. On l’a envoyée très jeune pour soigner la grand-mère malade, mémère foret, celle qui avait caché des soldats français lors de l’épisode précédent.

Renelle c’est la jeune fille qui n’a jamais connu que les gars du village. Elle est troublée par Louis. C’est normal, il ressemble à Gary Grant, qu’elle ne connaît pas non plus. Elle a son certif, elle n’a jamais quitté le village, mais elle sait que son avenir en tant que bâtarde n’y est pas assuré.

Arrive un beau jeune homme qui l’aime et qui veut l’épouser. ça lui permet de faire la nique à tout le village et partir en avion s’il vous plait pour l’Algérie, glorieuse colonie française de l’époque, réplique de la côte d’azur mais de l’autre coté de la mer.

Les parents paysans font la fine bouche 1-il est étranger 2- qu’est-ce qui prouve qu’il a été baptisé 3- la petite n’a pas de dot 4-c’est quand même la guerre faudrait voir à pas l’oublier.

Pas de problème dit Louis, je me rebaptise, je me fiance, j’ai pas un sou mais j’ai 2 bras et si c’est non je l’enlève un point c’est tout. Et là il explique que c’est une coutume andalouse très répandue dans son pays et qu’il a 25 ans et qu’il sait ce qu’il veut. Justement ce qu’il veut c’est cette jeune fille brune à la peau rose. Là-dessus les Allemands arrivent. La famille de paysans met toute sa fortune sur une charrette branlante et s’en va sur les routes destination : l’océan.

Renelle est dans l’inconscience de ses 16 ans. Autant d’aventures n’était pas au programme. Bien sûr c’est dur, dangereux mais elle est amoureuse, c’est l’été. Elle a peur, elle a faim, elle trouve ça très excitant, mais tous les jours elle demande à ce qu’on retourne parce que c’est sur il va lui écrire à la maison froide là-haut dans les Ardennes. Arrivés devant la mer La Roche sur yon, personne n’attend ce flot de réfugiés. Il apparaît vite qu’il n’y a rien à faire d’autre qu’à demander au brave cheval Bijou, premier du nom, de faire demi-tour.

Dans la maison par chance rien n’a changé. Denise reprend le chemin des patates, Rémy recommence à réparer les toits. La drôle de guerre est finie. La preuve : la première lettre arrive, Louis est prisonnier en Allemagne. La Grande armée s’est évanouie, le village est occupé par 2 gros allemands qui ont pris pension chez Jalut, le seul café... La vie reprend son cours. Renelle n’a qu’une idée envoyer des colis et des lettres d’amour

Comment décrire les cartes pastel éditées à destination des prisonniers de guerre ?. On y voit Marianne qui regarde d’un  œil  complice et bienveillant les baisers qui s’envolent au mépris des frontières. Tout en rose et gris pâle avec parfois une touche de bleu pour les plus modernes. A se demander comment Renelle avait pu acheter des œuvres d’art aussi élaborées dans son village perdu dans la grisaille et en principe occupé. La guerre continue ailleurs à ce qu’il parait. On a bien assez à faire à nourrir les bêtes. Et puis on en a vu d’autre.

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N
<br /> <br /> Dans cette jolie nouvelle, où l'amour sort vainqueur, Léa Sanchez entrelace avec une incroyable finesse les drames de la grande Histoire avec les destinées individuelles. La narratrice rassemble<br /> les fils de son récit avec lucidité et jette un regard tendre sur ses personnages. La fin heureuse donnée dès le départ évite tout suspense articifiel, et l'astucieuse construction en flashback<br /> permet de fixer le contexte historique dans sa pleine vérité. Humour et tendresse du regard, ludisme de la plume, sont nécessaires à l'horreur. Les nouvelles de Léa Sanchez déchirent un voile et<br /> propulsent leurs lecteurs au-delà d'eux-mêmes.<br /> <br /> <br /> <br />
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