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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Au service de la Justice (procès Tiberi acte VI)


  


Grâce à une modeste employée du bureau des élections de la Mairie du 5ème ,un vent de fraîcheur a envahi le Tribunal. Quelle leçon pour nous tous y compris les auxiliaires de la Justice que le témoignage de Madame Mathias ! D’une voix posée cette fonctionnaire de catégorie C, réunionnaise,  décrit ce qui s’est réellement passé dans les bureaux feutrés de la Mairie du 5ème arrondissement de Paris.

Jocelyne Mathias, 43 ans,  dépose sous serment. Toute la vérité, elle le jure.

Car au sein du bureau ça se passe comme dans tous les bureaux. On parle, on chuchote. Pas devant les chefs bien sûr. « Entre collègues on se disait : drôle de façon de faire mais il était hors de question d’en parler ouvertement » Le secret de Polichinelle. Elle ponctue ses phrases de « et voila ! » qui en disent long sur les années passées dans la contrainte.

Le Président l’interroge sur Monsieur Nentien : tout passait par lui. Il se faisait disputer de façon violente par Mesdames Affret et Tiberi qui étaient toutes puissantes. Quand l’affaire a éclaté, l’un d’entre nous lui a demandé ce qu’il fallait faire. Il a répondu « il faut dire LA vérité ».

Quant à Olivier Favre, l’ancien collègue devenu chef de bureau qu’elle continue à appeler Olivier « il s’est coulé dans le moule, il n’était pas en position de s’opposer C ETAIT COMME CA ET PAS AUTREMENT  et voilà !»

Elle raconte la fraude au quotidien les lettres retournées NPAI qu’il fallait mettre de côté, les adresses d’immeubles qui n’existaient pas, les hébergeants malgré eux, les commissions qui duraient très peu de temps « les représentants se contentaient de signer les procès-verbal »

On n’apprend rien de neuf mais cette piqûre de rappel est salutaire. Les faits sont têtus.

Le Président Albert lui demande alors dans quelle circonstance elle a quitté la Mairie. C’est au cours d’une confrontation avec tous les protagonistes. Madame Tiberi l’a publiquement traitée de menteuse. Et voila ! Jocelyne Mattias a demandé à changer de poste aussitôt. Il a fallu attendre 2004 pour qu’elle prenne cette décision.

On l’interroge sur l’atmosphère à la Mairie.

« Par sa seule présence Xavière Tiberi était crainte de tout le monde » On insiste, on veut savoir comment elle était avec les secrétaires. On n’est pas surpris par la réponse.

« Mme Tiberi était détestable avec le personnel, méprisante, ne disant jamais bonjour ». Jocelyne Mathias précise qu’elle n’a aucune inimitié envers les prévenus, elle ne souffre plus de la tension qu’elle a subie pendant des années.

Une avocate de la défense essaye laborieusement de démontrer une contradiction dans le témoignage de Mme Mathias. Celle-ci n’en voit pas, nous non plus. L’avocate insiste, c’est la première fois qu’elle prend la parole, elle ne va pas la lâcher comme ça. On proteste dans le banc des parties civiles. Le Président demande 2 minutes de silence pour la première fois. Maître Le Borgne obtempère comme toute la salle mais je l’entends maugréer à voix basse sur la difficulté à faire taire un avocat.

La même avocate lance sa dernière flèche. On s’y attendait : elle relève que madame Mathias travaillant aujourd’hui pour la Mairie de Paris, a forcément partie liée avec une des parties civiles. La réponse est calme et cinglante « JE SUIS LA AU SERVICE DE LA JUSTICE »

Le silence qui suit cette phrase lui donne encore plus de relief.

Maître Le Borgne essaye ensuite de lui faire dire que Jean Tiberi n’était pratiquement jamais dans ce bureau des élections. Savait-il seulement où était ce bureau ? Madame Mathias a osé décrire une visite «Vous dites qu’il en est sorti aussitôt et maintenant vous parlez de plusieurs minutes ! »

Jocelyne Mathias se retourne vers le ténor du barreau et lui demande froidement « vous estimez aussitôt à combien de minutes ? »Quelle classe ! On l’adore ! Elle est devenue la reine du jour. C’est le tournant du Procès disent certains, la salle bruit de commentaires admiratifs ou désapprobateurs suivant le camp défendu, pendant que Madame Mathias repart vers ses nouvelles fonctions avec un certificat de présence dûment signé du Président.

Le Tribunal nous offre une pause. Tout le monde se répand sur le palier. Madame Tiberi met le cap sur un couple de retraités, des fois qu’ils habiteraient le cinquième.

J’en profite pour rassurer les lecteurs inquiets de la sécurité à l’entrée du Palais de Justice. Les gros portiques de l’entrée fonctionnent ! La preuve : ils ont détecté une pince à épiler oubliée dans une poche. J’étais admirative ! J’ai quand même échappé à la fouille au corps.


Changement d’ambiance total avec le retour au prétoire.

Farida Sahnoune vient à la barre pour la seconde fois. C’est une madame Tiberi-bis  sans l’aura de la fonction de son mari, et sans mari tout court. On sent un mimétisme chez cette militante de 50 ans qui a fait venir 2 amies dans la salle en leur promettant du spectacle, et en plus c’est gratuit. Par chance elles sont juste à côté de moi et gloussent de plaisir.

C’est pathétique ! Mme Sahnoune nie maintenant presque tout avec une grossièreté incroyable. On se frotte les yeux. Est-ce que le Président qu’elle appelle Monsieur le juge, va la remettre à sa place ? Non !  Jean-Paul Albert reste de marbre. Il indique juste que le Tribunal est un peu inquiet car la prévenue ne semble pas avoir pris la mesure de ce qui se passe dans cette Cour. C’est le moins qu’on puisse dire. Les lecteurs apprécieront à partir d’un échantillon.

Le P. « vous avez signé des déclarations et aujourd’hui vous ne reconnaissez plus que 2 personnes hébergées à votre domicile. Vous avez la mémoire qui flanche ? »

FS « c’est tout petit chez moi »

Le P : « pour Monsieur Nguyen que vous appelez le chinois, vous avez rédigé le faux certificat d’hébergement sous la dictée de Monsieur Bardon »

FS « des Nguyens y’en a partout c’est comme Dupont-Durant »

Le P. « Madame Hardouin a décrit une sorte de frénésie préélectorale à la permanence de la rue Vésale. C’était à qui prendrait le plus de faux électeurs  Vous confirmez 

FS « je confirme c’était candide ! J’étais bénévole, on ne m’a jamais prise ni par la main ni par les jambes. J’ai tenu aussi 2 ou 3 bureaux de vote»

Le P. « Ce n’est pas la question »

FS « Si ! C’est la question ! »

Le P « vous avez signé tous les témoignages dont je fais état »

FS « Je conteste ! Les gendarmes sont parfois dangereux ! On ne sait pas ce qui se passe réellement quand on quitte leurs locaux »

Pendant qu’elle y est elle conteste aussi les experts en écritures, dit qu’à partir de là elle je ne veux plus  répondre.  Mais ajoute quand même qu’ « elle n’est pas de la race de ceux qui retournent leurs veste, flottante »

Le P « Vous en êtes un exemple parfait » conclut le Président

L’avocat de Lyne Cohen Sollal demande alors une précision sur son logement. Oui elle est restée 2-3 ans sans payer de loyer. Oui elle dispose maintenant d’un deux pièces rue Larrey.  « Il m’a été attribué par la Commission paritaire »  précise-t-elle fièrement.

L’ancienne vendeuse en confection de 50 ans retourne s’asseoir, enveloppée dans ce qu’elle croit être sa digité. Mes voisines se tordent de rire. On frôle quand même l’outrage à Magistrat. J’en suis malade. C’est à cette femme que l’on a confié le contrôle des procurations de vote en 1993.


ON retrouve ensuite avec plaisir Madame Annick Mercier, l’ancienne secrétaire de Michel Debré qui nous avait émus lors d’un épisode précédent avec son histoire de plumes retrouvées un matin devant sa porte.

Le Président rappelle qu’elle commence sa carrière dans le 5ème en étant elle-même faux électeur. Histoire d’être aussitôt dans le bain sans doute. Madame Affret lui a expliqué que c’était courant pour les Fonctionnaires. Le mari d’Annick Mercier et elle-même participent ainsi à 2 scrutins alors qu’ils habitent dans le 19ème arrondissement.

Passons ! Interrogée sur les faux qu’elle a écrits de sa main, elle reconnaît un système qui existait avant son arrivée. Je me suis inquiétée, Madame Affret m’a alors menacée en disant très exactement « Ferme ta gueule et tais-toi » Voilà qui tranche, vous en conviendrez, avec l’image de « sainte des prétoires injustement traitée » que nous avait livrée Anne Marie Affret.

D’ailleurs le Président demande à Madame Affret « Vous ne vous sentez pas bien ? » Ce jour elle est arrivée en retard car elle souffre d’un problème cardiaque.

Annick Mercier redit sa peur de l’époque, sa solitude. Elle regrette seulement de ne pas avoir bénéficié d’un non-lieu comme Madame Aja (nièce de Madame Affret) et Monsieur Bertoliatti. Elle tient à faire part de son sentiment d’injustice. C’est vrai que certaines absences sont difficilement compréhensibles au regard du dossier. J’ajouterais celle de Véronique Bourgeix, actuelle secrétaire générale en charge des élections dans le 5èmeet ancienne fausse-électrice!


Bonne nouvelle, on a retrouvée Christine Havre, épouse Mathieu qui avait manqué la veille à l’appel, croyant qu’elle ne devait venir que les jours de ses interrogatoires. Encore quelqu’un qui ne comprend rien à la marche auguste de la Justice.

Elle conteste l’expertise graphologique qui lui attribue certains documents frauduleux. La preuve elle a l’habitude de mettre des bulles sur les i et elle est gauchère. Les lecteurs apprécieront.

Un avocat des parties civiles lui rappelle qu’alors qu’elle évoquait l’utilisation de son adresse professionnelle 17 rue des boulangers, Monsieur Tiberi avait eu ce mot « elle nous fera tous pendre ! » en faisant allusion à Madame Affret ou Tiberi.  Elle ne se souvient pas de cette boutade.


Jean-Charles Bardon qui suit à la barre n’a rien fait rien vu, rien entendu « comme les 3 singes » dit le Président un peu las et on le comprend. Notons simplement qu’il s’est vu refusé une contre-expertise graphologique, son avocat s’en étrangle.

 En fait il existe deux expertises dans le dossier. Les juges ont estimé que cela suffisait. Je suis tentée de les suivre.

On lui demande pour finir s’il n’est pas satisfait d’avoir quitté la politique (on a vu qu’il habitait maintenant en Suède) Il reconnaît simplement que dans le grand nord l’air est moins vicié. Depuis sa dernière prestation, j’ai appris de source sûre que c’est son parti politique qui lui a trouvé cette porte de sortie à la Maison de la France de Stockholm.

Des fois on préfèrerait avoir tort.

Il est 19h La séance se termine dans une ambiance glauque

A suivre


Photo Madame Matthieu (Léa Sanchez)

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