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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Et s'il n'en reste qu'une...

 

je ne sais pas pourquoi cette projection m’a causé un tel malaise

J’avais évité de voir ce film à Cannes par manque d’intérêt pour l’histoire.

C’est comme Titanic à sa sortie, j’ai horreur des films dont je connais la fin. Je finis toujours par y aller en bougonnant. J'ai vu "des dieux et des hommes" et je n'ai pas aimé.

La salle est pleine. Nous sommes dans un petit village de Dordogne. La salle est pleine !. Comme un apéritif a précédé la projection, on a eu le temps de papoter un peu. Apparemment les gens viennent de loin. Yssigeac, Bergerac, d’autres villages aux confins de la Dordogne. Il y a aussi un Monseigneur que l’on s’empresse d’approvisionner en nourritures terrestres. Il est évêque de Périgueux et Sarlat car il cumule. Tiens ! je ne savais pas que les gens d’église s’intéressaient au cinéma.

Lambert Wilson est là lui aussi : veste en toile noire, baskets blanches. Pas de doute il soigne son look « jeuneetdécontracté ». Entre un verre de bergerac et un toast, tout le monde s’accorde à trouver qu’il est très sympa d’être venu présenter son film en avant-première. Sous entendu dans une petite salle perdue dans un village inconnu des cinéphiles parisiens.

Il a l’air un peu gêné d’être là, ce qui fait que je n’ose pas l’interpeller ni lui poser la question de ma voisine. Françoise voudrait savoir pourquoi on ne le voit jamais avec une dame... Ma voisine est très people, je n’y peux rien.

Nous sommes là pour voir « des hommes et des dieux » Ce n’est pas n’importe quel film. Grand prix à Cannes il a raflé de surcroît le prix de l’Éducation Nationale ainsi que le prix oecuménique.

Petite parenthèse j’aurais donné sans hésiter le prix de l’Éducation à la Princesse de Montpensier mais personne ne m’a consultée. Dommage.

Sans surprise l’organisateur cite les personnalités présentes : l’évêque croisé plus haut + le curé de Bergerac que tout le monde a l’air de reconnaître, sans oublier Lambert Wilson.

Le film me plonge assez vite dans un certain trouble. Je suis gênée par le sujet. Qu’est-ce qu’on voit : un groupe de moines qui vivent leur vie de moines : ils font pousser des légumes, prient, vendent du miel, chantent, soignent les villageois, récitent des psaumes. Nous sommes à la fin du siècle dernier en Algérie. Tiens, Le film a été tourné au Maroc mais la maison des moines parait conforme à l’original situé à "Tiberine" dans les montagnes de l’Atlas algérien. Un monastère assez ancien pour dater d’avant l’indépendance. Il s’agit donc d’une communauté qui a fait le choix de rester quand la France a quitté le pays. C'est un choix qui n’est pas évoqué dans le film. Certains, parmi ces moines, dans leurs vies antérieures, ont participé à la guerre de la France en Algérie. Le personnage joué par Wilson en fait partie. Cette réalité historique n'est pas abordée. Dommage!

Tout au plus le réalisateur souligne-t-il l’excellente intégration de ces hommes dans la vie des villageois. On prend soin de nous montrer qu’ils participent à une fête familiale! Ils font partie de la famille!

Je connais l’Algérie contemporaine. Je ne crois pas une seconde à cette immersion dans la société des villageois. Ce que j’ai observé en Algérie me fait penser que des jeunes filles, comme on le voit dans le film, ne peuvent pas parler aussi librement avec des hommes, même vieux, même religieux, même en robes de moines. Elles n'auraient pas d'ailleurs le droit de se faire soigner par un homme. (voir "Le médecin d'en bas" sur mon blog)

Qui peut croire qu’une jeune fille aurait le droit de parler avec un étranger, de surcroit de l’amour ? Lonsdale fournit là le plus beau dialogue du film en improvisant. Quand le jeune fille répond que son père ne lui laissera pas choisir son mari, le moine rentre aussitôt dans sa coquille. On ne va pas contre la volonté d’un père en terre musulmane. « Dommage » que je me suis dit. ces pauvres filles sont engluées dans la soumission et la culpabilité, mais pas question de les aider !

Des dieux oui, des hommes non !

Il est vrai que les algériens gardent en mémoire le travail d’éducation des Pères Blancs, des ersatz de jésuites je crois. Dans la cadre d’une colonie françaises ces prêtres avaient les premiers introduit et imposé l’apprentissage de l’arabe.

Au fait ! Pourquoi ne parlent-ils pas l’arabe ces moines qui évoquent leur amour de l’Algérie avec tant de lyrisme ? Comme ils sont dans la montagne la langue devrait d'ailleurs être le kabyle. Apparemment ils ne parlent ni l'un ni l'autre. Bel exemple d'intégration après des années de séjour! Il est vrai qu’ils ont lu le Coran. Seules les questions religieuses les intéresseraient-ils ?

Des dieux oui, des hommes non !

L’histoire se déroule avec l’irruption des terroristes qui massacrent quelques étrangers et autochtones pour des raisons qui resteront obscures.

Les moines discutent la question de savoir s’ils doivent rester ou partir. Ils seront pris, décapités et leurs assassins resteront inconnus : policiers d’état ou terroristes, le film ne tranche pas si j’ose dire. Lambert Wilson semble avoir vécu ce tournage de façon mystique. Pour lui la scène clé est le moment où son personnage prie pour un terroriste mort.

Sur scène l'acteur parait encore au bord des larmes.

La parole est à la salle. S’ensuit une question sur le pardon qui me parait incongue. La salle est à l’unisson du film. Toutes les questions tournent autour de la foi chrétienne. Je suis écrasée.

Je me sens ultra minoritaire dans mon refus de m’inscrire dans un contexte de foi.

Je précise que voir des hommes s’embrasser me gêne. Le producteur du film a du penser la même chose quand il a présenté le film à Cannes. Une brochette d’hommes en costumes sombres et seule tache de couleur la jeune marocaine du film. C’est un rôle très secondaire mais elle arbore une grande robe de star rose pétant. Les photographes présents ont réclamé un bizou. A la surprise générale Lambert Wilson a embrassé la jeune fille sur la bouche. Elle a été la première étonnée et j’imagine qu’elle a du avoir quelques problèmes avec sa famille de retour au pays. Cela ne suffit d'ailleurs pas à répondre à l’interrogation de ma voisine sur les moeurs du sieur Lambert.

La scène la plus détestable selon moi est celle du dernier repas. On a droit aux très gros plans des moines avec Tchaïkovski à fond les manettes.La Cène, nouvelle version. Quelle grandiloquence ! Ma parole il ne recule devant rien ce réalisateur !

Suis-je la seule à ne pas aimer ce film ? je vois les files de spectateurs s’allonger. De quel droit je refuserais aux Chrétiens de se congratuler autour des valeurs retrouvées ?

Les Chrétiens je comprends, ils aiment les martyres. Mais les autres ?

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S
<br /> <br /> Chère Léa, merci pour cet avis tout à fait autorisé sur ce film étrangement adulé de tous...film auquel je n'ai rien compris! Quelle est donc ce qui se joue pour cette communauté?En quoi cela<br /> nous concerne t-il?C'est seulement une sorte de mensonge généralisé sur la réalité, celle des moines, celle de l'Algérie et celle des politiques, français ou algériens qui nous est présentée. De<br /> la meilleure façon de bien penser? Oui, quelle bouiillie catholique, sponsorisée par La Croix!Xavier Beauvois, le réalisateur, nous avait habitué à mieux!Je crois ne pas être la seule ici à Nancy<br /> à penser comme toi!FSP<br /> <br /> <br /> PS: il y avait aussi une foule particulièrement compacte chez nous dans la salle du premier jour de projection.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Donc je ne suis pas toute seule. OUF! il y a encore des gens qui pensent par eux-mêmes!Ca rassure bigrement<br /> <br /> <br /> <br />