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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne qui a gardé ses capacités d'indignation. En toute subjectivité.

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Le CLAP canal historique

Association bien sous tous rapports recherche subvention.

En créant avec 2 copains profs le Festival du Film Lycéen de Paris la dame ne soupçonnait pas qu’elle entrait dans le monde glauque des associations qui sont obligées de pratiquer la mendicité pour survivre.
Dans un premier temps il lui avait semblé que le terme « à but non lucratif » était suffisamment explicite pour traduire la pureté des intentions d’adultes qui acceptent de donner leur temps si précieux pour faire vivre un projet susceptible d’intéresser beaucoup de Parisiens.
Le projet lui-même est simple il s’agit de montrer les films produits dans les lycées parisiens pour l’épreuve de cinéma-audiovisuel au baccalauréat et organiser une compétition entre eux. On trouve rapidement le lycée qui accepte d’accueillir le Festival : le lycée Raspail dans le 14ème.
Tellement simple ce projet que l’on peut s’étonner qu’aucun festival n’ait pu se mettre en place durablement pour y répondre.
Pour comprendre le problème il faut savoir que n’importe quel lycée ne peut créer une option cinéma : l’aval du Rectorat de Paris est nécessaire. C’est toujours un peu compliqué à mettre en place car tout repose sur les épaules d’un professeur qui accepte de porter cette option pendant plusieurs années. Commence alors pour lui un parcours du combattant : il doit trouver du matériel, une institution partenaire et il doit se faire accréditer par le service ad hoc du Rectorat. Tous les professeurs vous diront qu’il vaut mieux avoir l’appui de sa hiérarchie. Le moins difficile étant de trouver des élèves qui veulent faire un film pendant un, deux ou trois ans.
S’il existait un seul partenaire on peut imaginer que ce Festival aurait quand même vu le jour depuis longtemps mais ce serait encore une fois trop simple.
Une remarque en passant : rien n’est simple dans l’Académie de Paris.
On revient à notre prof intrépide et cinéphile qui se dit pourquoi pas moi, dans ce joli lycée où j’enseigne. Il doit donc trouver de l’aide auprès de la Cinémathèque ou de la Maison du Geste et de l’image (MGI) ou encore des Cinémas Indépendants Parisiens (CIP) Chaque institution parraine un 3 ou 4 lycées parisiens accrédités. Reste un dernier quart : quatre lycées qui jouent les francs-tireurs et se débrouillent par leurs propres moyens.
Ce rappel des faits permet de planter grossièrement le tableau de l’option telle qu’elle fonctionne dans les lycées publics et privés sous contrat de Paris.
14 lycées arrivent officiellement à produire des films en 2008.
Vous devez vous interroger sur le devenir des films après le bac ? Sont ils stockés pour de futurs chercheurs en sociologie ? Mystère pour le moment, la dame qui a fait une courte enquête, n’a jamais eu de réponse claire à cette question.

Une fois les formalités accomplies une association voit le jour. Une de plus à Paris qui n’en manque pas. Elle s’appelle finement le CLAP Cinéma Lycéen A Paris, clin d’oeil oblige. Mais le plus dur reste à faire. Nous sommes à cet instant en mars 2008 et le premier festival est prévu pour octobre.
La dame se démène. Elle n’attend pas que les autorités éblouies par le concept novateur se précipitent à l’aide des fondateurs pour assister à la naissance du petit festival. Il faut de l’argent pour l’organisation qui doit être festive, également pour envoyer les films dans les autres festivals, meilleur moyen de les faire connaitre.Il faut aussi inventer un trophée, le clap d’or et trouver des récompenses.
Quand c’est pour une association on appelle ça des subventions. La Mairie de Paris et la Région sont toutes deux sollicitées au nom de l’aide au Cinéma, à la créativité des jeunes.
Résultat des courses : seule la Mairie et à titre tout à fait exceptionnel attribue 500 euros au CLAP en 2008. Rien du côté de la Mairie du 14ème, rien du côté de la Région.
Les lycées de leur côté sont sollicités à hauteur de 10 euros par lycée. Somme sans doute jugée excessive puisque certains vont envoyer leur film en omettant de payer leur contribution.
C’est égal le Festival 2008 se déroule le mieux du monde au Lycée Raspail, Paris 14 ème sous la présidence d’Alain Bergala, référence absolue en matière de cinéma universitaire. Le jury est au complet avec la directrice du secteur court-métrages à Unifrance et 2 jeunes diplomés de l’école Louis Lumière. La dame qui n’avait pas voulu voir les films avant le festival est surprise de leur qualité.Tout ce petit monde est très content, les professionnels repartent avec le DVD du Festival et le catalogue.Les lycéens lauréats posent devant le photographe avec leur clap d’or On partage quelques bulles, on se congratule et rendez-vous est pris pour 2009.
La dame, forte de cette réussite, refait le tour de la Mairie du 14ème et de la Région.
La Région refuse toute aide en disant qu’elle ne peut pas subventionner tous les Festivals. Dommage, celui-ci se trouvait au carrefour exact de toutes les priorités affichées par la Conseil Régional Ile de France : le cinéma, les jeunes, les lycéens. De plus la somme demandée était des plus modestes.
Serait-ce le fait d’avoir réservé la participation aux seuls lycées de Paris qui constitue le problème ?
La Mairie quant à elle accorde, 3 mois avant le Festival 2009, 400 euros en jurant que c’est la dernière fois, qu’elle a du pour se faire prendre des subventions à une autre association et rappelle que les lycées ne relèvent pas de la Mairie de Paris. Bref on sent un réel enthousiasme. Un vrai bonheur.

Cette expérience doit servir à d’autres : si vous avez un projet qui concerne des lycéens parisiens vous risquez de n’intéresser ni la ville ni la Région. Il reste l’Europe ?

C’est égal.Le petit Festival grandit vite pour la seconde édition. 13 lycées participent sur 14 lycées accrédités en tout. Ils n'étaient que 11 en 2008. C'est la meilleure preuve que ce festival trouve sa justification. Les professeurs sont favorables à l’initiative. D'ailleurs la dame croit que l'on peut parler déjà d'un "effet festival". C'est très différent de faire un film en sachant qu'il ne sera pas vu que par les examinateurs du bac.Les films de 2009 paraissent différents, en tout cas plus audacieux.

Malgré ces aléas financiers, les choses se présentent bien en 2009 : le jury est prestigieux avec Mia Hansen Love comme présidente (elle a gagné en 2009 un prix spécial dans la catégorie "un certain regard" à Cannes) Elle représente le renouveau du cinéma français et à 28 ans est tout à fait en phase avec le public de jeunes étudiants. Elle a accepté tout de suite avec enthousiasme. Sans oublier Eve Guillou et  l'Administrateur du Festival de films de Sarlat qui  permet d'envisager un parrainage futur. La Femis envoie 3 de ses étudiants et offre une visite particulière aux étudiants qui s'inscriront pendant le festival. Côté récompenses, le site des Cahiers du Cinéma offre des clés USB entre autres. La dame croit aussi qu’il y aura des barres chocolatées offertes dans les sacs des festivaliers avec interdiction de faire « crush-crush » pendant les projections.

La dame  trouve juste qu’il faut dépenser beaucoup d’énergie quand on veut donner corps à un projet. Elle commence à faire des plans pour le festival 2010.

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