Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 18:13
Cenacolo et autres babioles (FLO n°6)
Cenacolo et autres babioles (FLO n°6)

Les Français ont un moyen simple d’alléger leurs factures d’hébergement à Florence. Ce moyen s’appelle Andrea Del Sarto. Coup de bol, on trouve ses peintures un peu partout dans la ville. Le problème c’est qu’il a surtout peint des fresques. Comme chacun sait il est difficile de couper un morceau de fresque, certains prétendent même que c’est interdit, mais je n’ai remarqué aucun panneau dans ce sens.

Vous vous demandez pourquoi Andrea Del Sarto ? Tout simplement parce que ce peintre doit beaucoup d’argent à la France. .Le roi de l’époque ­—François 1er— lui avait en effet confié une somme après l’avoir employé à la Cour. Là, les versions divergent. Soit cette somme correspondait au paiement d’oeuvres futures du sieur de Sarto soit François lui aurait demandé d’acheter pour lui des oeuvres d’art en Italie. Les deux versions sont bizarres mais peu importe, Andrea a utilisé les fonds français pour faire construire une belle maison que l’on peut voir à Florence aujourd’hui. Sans même un droit de visite

Dans tous les cas Del Sarto n’a pas rempli le contrat avec le roi de France, donc il nous doit des sous.

Les plus belles œuvres d’Andrea se trouvent dans un petit cloître confidentiel avec des fresques en grisaille au 65 de la rue Cavour, près de San Marco. Ça s’appelle le « Chiostro dello scalzo » ouvert au public quelques heures par semaine (le lundi matin en particulier)

Un autre chef d’œuvre du même auteur, que l’on peut voir aussi gratuitement, se trouve dans un quartier de Florence plus éloigné du centre et accessible par le bus n°6 : Le cenacolo du cloître de San Salvi. Comme chacun sait, la cène représente le dernier repas du Christ, thème favori utilisé pour décorer les réfectoires de couvent. Florence en recèle une petite dizaine de célèbres. Le cenacolo d’Andrea del Sarto, quant à lui, se caractérise par un petit balcon en arrière-plan qui donne un petit air napolitain à l’ensemble. Je me fais la réflexion que les Italiens ont réussi à peindre des œuvres religieuses sous un jour aimable... On sait bien qu’après ce repas, tout va se gâter. Mais pour l’heure tout va bien : Les apotres devisent gentiment, pieds nus.. Judas nous regarde

Cela me rappelle une anecdote. Je devais prouver que j’étais française pour avoir droit à une réduction pour entrer dans le site d’Herculanum. Or, je n’avais avec moi qu’une carte de famille nombreuse et je n’étais déjà pas douée pour la diplomatie. J’expliquai dans un anglais dont les Français ont le secret, que je ne me baladais pas avec mon passeport car l’Italie était un pays de voleurs. Je ne vous conseille pas ce genre d’argument. Par curiosité, j’ai demandé au type de l’accueil de quelle nationalité je relevais à son avis. Il a réfléchi et a dit « switzerland ! » J’ai renoncé à la réduction car la file des visiteurs qui attendaient par ma faute menaçaient de me lyncher. J’ai estimé qu’il y avait eu assez de morts comme ça à Herculanum.

A partir de Florence on peut découvrir des petites villes qui sont surprenantes. Exemple Arezzo qui nous intéressait surtout pour son passé étrusque. C’est là que Roberto Benigni a tourné « la vie est belle », on reconnait facilement le décor de certaines scènes. Mais je refuse de revoir le film pour chercher les monuments de la ville, j’ai trouvé ce film trop triste. Le musée archéologique est très intéressant, même si les pièces étrusques essentielles ne se trouvent plus sur place.

A Arezzo il faut découvrir aussi la maison de Vasari, et, bien sur, les célèbres fresques de Piero de La francesca.

Dans la maison de Giorgio Vasari, qui est encore une référence aujourd’hui pour ses écrits sur les artistes de la Renaissance, on trouve un détail vraiment émouvant. Il s’est peint de dos dans un coin du grand salon, assis dans un coin de fenêtre sur un petit banc en pierre noire polie ; un endroit précis que l’on reconnaît sans peine. Un grand bonhomme qui a décoré sa maison de façon sublime. Je n’ai pas aimé l’intérieur du corridor vasariano qui relie les offices au Palais Pitti (voir un précédent chapitre) mais il faut reconnaître le dessin parfait de l’architecte. Le ponte vecchio n’aurait pas la même allure sans cet ajout.

Le terme du long séjour à Florence se profile et l’on s’aperçoit avec horreur que nous n’avons pas tout vu. Par contre la ville nous a livré certains de ses codes, un gros avantage pour une piqûre de rappel un prochain jour. Ça doit être sympa, Florence au printemps, non ?

un vase étrusque identique à ceux que l'on trouve en Kabylie aujourd'hui

un vase étrusque identique à ceux que l'on trouve en Kabylie aujourd'hui

Partager cet article
Repost0

commentaires